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La
pratique philologique est inséparable pour Bollack de l’histoire de la
compréhension des textes, qui est incontournable; elle s’offre
d’elle-même, et conduit nécessairement à une
historicisation du travail. L’engagement de l’interprète se
fait en faveur de la signification et d'une imagination inentravée contre une somme de
traditions, qui ne cesse de la mettre en péril. La comprehension
suppose une rupture. Elle ne peut se faire que si de suivre la tradition
jusqu'au bout. L’aspect sociologique
de l’investigation fut l’objet principal pendant les années de
collaboration avec Pierre Bourdieu – il s’agissait de reconnaître les
raisons culturelles et institutionnelles de lectures insuffisantes,
souvent imprégnées de préjugés évidents. Les conflits de l'interprétation
étaient objectivés. La comparaison des
traditions française et allemande, qui ont pesé sur le transfert des modèles
depuis le 18ème siècle, s’est révélée fructueuse. Dans
la suite, la finalité s’est précisée; il s’agissait d’avancer de
façon systématique dans l’exploration des opinions divergentes ou
conflictuelles, antérieures ou présentes. Dans le commentaire d’Œdipe
roi, les structures syntaxiques sont analysées: on parvient ainsi parfois
à mettre en concurrence une dizaine de compréhensions différentes.
Bollack a pour souci constant de mettre dialectiquement en question
à l’Université même les principes scolaires en vigueur, et
de découvrir ainsi les règles d’une philologie réflexive et générale.
C’est dans cet esprit qu’il s’est persuadé que c’est précisément
par une ouverture à l’aide de la critique littéraire, du théâtre et de la
psychanalyse, que la discussion pouvait faire des progrès dans
l’enceinte de l’enseignement universitaire, partout où l’intérêt
pour la matière était plus réel et plus vif.
« Mythische
Deutung und Deutung des Mythos », in M. Fuhrmann (éd.), Terror
und Spiel. Probleme
der Mythenrezeption, Poetik und Hermeneutik IV, Munich, 1971,
p. 67-119; texte français: « L’Interprétation du mythe »
dans La Grèce de personne, Paris, Seuil 1997, p. 137-180. Compte
rendu de D. O’Brien, Empedocles’ Cosmic Cycle. A
Reconstruction from the Fragments and
Secondary Sources, Cambridge, 1969, dans Gnomon
43, 1971, p. 433-439. Lettre
à un Président sur le découragement des études grecques en
France, Paris, Editions de Minuit, 1972. « Vom
System der Geschichte zur Geschichte der Systeme » in R. Koselleck
et W.-D. Stempel (éds.), Geschichte, Ereignis und Erzählung, Poetik
und Hermeneutik V, Munich, 1973, p. 11-28. « Heidegger
l’incontournable » dans Actes de la recherche en sciences
sociales 5-6 , 1975, p. 157-161; « Heidegger, der Unumgängliche »
(trad. all. dans Piere Bourdieu, Die politische Ontologie Martin
Heideggers, Frankfurt am Main, Syndicat 1975, p. 115-121. « Ulysse
chez les philologues », Actes de la recherche en sciences
sociales 5-6, 1975, p. 9-35. « Critiques
allemandes de l’Université de France: Thiersch, Hahn, Hillebrandt », Revue
d’Allemagne 9, 1977 (Hommages à
Pierre Bertaux), p. 642-665. *Vorwärts
mit der Wissenschaft. Ulrich von Wilamowitz-Moellendorf, 1981
(manuscrit). *Theodor
Gomperz, 1984. (manuscrit). « Sur
les limites de l’implantation d’une science », dans W. M. Calder
III, H. Flashar et T. Lindken (éds), Wilamowitz
nach 50 Jahren, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft,
1984, p.468-512. Avec
Pierre Judet de La Combe: « Der Mythos zur Schau gestellt » in
Renate Schlesier (éd.), Fascination des Mythos. Studien zu antiken und
modernen Interpretationen, Bâle, Francfort/Main: Stroemfeld/Roter
Stern, 1985, p.145-166 (extraits choisis du chapitre « La dissonance
lyrique. Sur le sens de la tragédie dans J.B., Agamemnon
1, Presses Universitaires de Lille 1981; traduit par Annette
Disselkampf en collaboration avec Wolfgang Fietkau et J.B). « Zukunft
im Vergangenen. Peter Szondis materiale Hermeneutik », in Deutsche
Vierteljahresschrift für Literaturwissenschaft und
Geistesgeschichte, 64, 2 juin 1990, p. 370-390 (trad. du français par
Béatrice Schulz). « Die
kritische Potenz der Wissenschaftsgeschichte » in C. König et E. Lämmert
(éds), Literaturwissenschaft und Geistesgeschichte, 1910 bis 1925,
Francfort/Main, S.Fischer 1993, p. 111-120. « La
référence allemande dans les études philologiques à l'Ecole
Normale », dans M. Espagne (éd.), L’Ecole Normale Supérieure
et l’Allemagne, Leipzig, Universitätsverlag, 1995, p.23-38. « Durchgänge »
in W. Barner et C. König (éds), Zeitenwechsel. Germanistische
Literaturwissenschaft vor und nach 1945, Francfort/Main, S.
Fischer, 1996, p.387-403. « Jacob
Bernays, un homme entre deux mondes »(introduction de R. Schlesier),
Lille, P.U.S., 1998. « Juden
in der Klassischen Philologie vor 1933 », dans W. Barner et C. König
(éds), Jüdische Intellektuelle und die Philologien in Deutschland.
1871-1933, Göttingen, Wallstein Verlag, 2001, p. 165-185. début de la page | bibliographie
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