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L’herméneutique matérielle de J.B. procède d’une analyse systématique du processus interprétatif auquel elle reste liée – c’est là sa particularité. Elle se comprend comme une théorie de la pratique philologique. C’est pourquoi ses réflexions sont souvent développées dans des entretiens qui accompagnent les livres qui viennent de paraître, ou dans des commentaires et des introductions, souvent très fouillées, comme celle d’ Œdipe roi. Elles ne ressortissent pas à l’herméneutique philosophique, en raison de l’accent mis sur le particulier et l’individuel, qui sont le propre de l’objet littéraire. Les théories, qui ont proliféré depuis plusieurs décennies, ont eu pour effet d’entraîner les disciplines philologiques dans une crise de légitimation, qu’elles ont précisément tenté de surmonter. Elles ont été mises à l’épreuve par J.B. pour leur portée cognitive; mais il renonce à intégrer des définitions conceptuelles ou esthétiques, qui sont inévitablement importées d’un horizon extérieur à celui des œuvres. La réflexion herméneutique a pour lui comme but de reconstituer l’acte originel de la création poétique. Il met ainsi en avant la notion d’ « intérêt », seule capable de permettre à l’interprète de penser la signification à partir de données internes. Si J.B. a cherché à soutenir un dialogue d’une part avec le théâtre, et d’autre part avec la psychanalyse, c’est qu’il y rencontrait un intérêt pour le contenu, qui souvent manquait dans les cercles universitaires. On peut dire que le noyau intellectuel de cette herméneutique, libérée des systèmes, se retrouvait dans les fixations fructueuses.
« Les préalables de la recherche », Libération, 19 november 1981. « Le
scandale de la tradition », Entretien avec D. Eribon, Le Monde,
12 juillet 1981. « A
propos du rapport sur la recherche en sciences sociales demandé à
Maurice Godelier », Le Débat, 22. november 1982, p. 5-8 « Pour
une histoire sociale de la critique », dans M. Bollack et H. Wismann (éds.),
Philologie et herméneutique au XIXe siècle II, Göttingen,
Vandenhoeck et Ruprecht 1983, p. 17-24. « Über
die Voraussetzungen wissenschaftlicher Beschäftigung mit Literatur »,
Jahrbuch des Wissenschaftskollegs zu Berlin 2, 1982/3, p. 47-66. « La
force et la difficulté de dire » (Entretien), Théâtre/public 70-71,
1986, p. 8-12. « A
propos de 'traduction' » avec Pierre Judet de La Combe,
Introduction à: Eschyle, L’Orestie. Agamemnon, trad.
d’A. Mnouchkine, Théâtre du Soleil, 1990, p. 7-8 (repris dans Les Choéphores
avec des notes de J.B. p. 5-6, 1992). « De
l’exil dans l’art », Préface à Angelin Prejlocaj,
Paris, A. Colin, 1992, p. 16-19. «Œdipe
roi et la philologie », L’Ane 49, 1992, p. 28-35. « Wie
kritisch und hermeneutisch sind die antiken Texte selbst? », dans R.
Faber und B. Kytzler (éds.), Antike heute, Würzburg, Königshausen
und Neumann, 1992, p. 110-119. « Du
côté du texte, du côté de l’interprète », Théorie,
littérature, enseignement 11, 1993 (« Épistémocritique et
cognition » 2), p. 10-15. « Texts
and their Interpreters: The Enterprise of Philology », dans Substance.
A review of theory and literary criticism, 71, 72 , numéro
spécial: Epistémocritique, éd. par Noëlle Batt,et Michel
Pierssens = vol. 22, 1993, p. 315-320 (trad. par Priscilla H. Barnum). « Werke
und ihre Interpretation. Über das Herstellen von Sinn », dans Mitteilungen,
éd. par le groupe de recherche sur l’histoire de la germanistique,
Deutsches Literaturarchiv Marbach am Neckar, 6 (15 janvier), 1994, p. 1-8. « Avec
ou contre la langue », dans J.-M. Salanskis, F. Rastier et R. Scheps
(éds.), Herméneutique: textes, sciences (Colloque de Cerisy,
1994), Paris, PUF, 1995, p. 101-116. « Mythe
et littérature », Les cahiers de la Villa Gillet 10: la
transmission, 1999, p. 5-15. « La
tradition revisitée. Entretiens avec J. B. » ( recueillis par B.
Mezzadri), Europe 837-838, Les tragiques grecs, 1999, p.
156-182. « Débat
sur Antigone », dirigé par A. Brauman et B. Lemonnier, avec la
participation de J. B. et G. Morel, Carnets de Lille 5 (La
section clinique de Lille), 2000, p. 21-27, 35-40. « Paul
Celan et nous » (conférence dans le cadre du congrès « Celan », 15-17 mars 2000, Université de
Paris IV), Etudes germaniques 55, 2000, p. 363-380; réimpr.
dans R. Colombat, J.-P. Lefebvre et J.-M. Valentin (éd.), Paul Celan. Poésie
et poétique, Paris, Klincksieck, 2002, p. 11-28. « Le
problème de la double énigmatisation, historique et lyrique »,
dans A. Corbea-Hoisie (éd.), Paul Celan. Biographie und Interpretation.
Biographie et interprétation, (Colloque de Paris, 11.-12 octobre
1999, Maison Heinrich Heine), Paris (Suger), Constance (Hartung-Gorre
Verlag), Bucarest (Editura Polirom), 2000, p. 77-90. « Reden
ohne Verstehen. Zu den Voraussetzungen von Gadamers Celan-Lektüre »
(Extrait de Paul Celan. Poetik der
Fremdheit , Groupe de recherches pour
l’histoire de la germanistique, 17-18,
2000, p. 10-14). „De
la philologie au théâtre. La construction du sens et l’Antigone
de Sophocle“, dans Études théâtrales 21, 2001: „Tragédie
grecque. Défi de la scène contemporaine“, p. 103-110. „Szondis
'Celan-Studien' heute“, dans Mitteilungen, Groupe de recherches
pour l’histoire de la germanistique,
Marbach am Neckar, 19/20, 2001, p. 5-9. « Une
autre Antigone, et un autre Œdipe », dans C. Botella (éd.), Penser
les limites. Écrits en l’honneur d’André Green, Paris,
Delachaux et Niestlé, 2002, p. 61–69 (trad. catalane de A. Pons, dans Quaderns
Catalans de Cultura Clàssica 18, 2002, p. 9-19). « La
poésie d'Archiloque », Poésie 99, 2002, p. 84-86 (« Réponse
à Bollack » de Michel Deguy, dans le même numéro, p.
87-89). « La
construction du sens dans Antigone de Sophocle », dans J. et M.
Bollack, M. Bozonnet, P. Guyomard, Ph. und V. Porret (éds.), Antigone,
enjeux d'une traduction, Editions Campagne Première, Paris,
2004, p. 37-48. « Celan
lit Freud », Savoirs et clinique. Revue de psychanalyse 6, Transferts
littéraires, Toulouse, Érès, p. 13-35 (cf.. « Wie
Celan Freud gelesen hat », trad. all. de
Werner Wögerbauer, Psyche 59, Decembre 2005, p.1154-1196). Avec
F. Kaltenbeck et S. Lakhdari, « Editorial. Un itinéraire à
deux voies », ibid, p. 7-11. début de la page | bibliographie
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